Peut-on porter plainte contre un policier qui ment ? Guide 2026
Oui, il est possible de porter plainte contre un policier pour faux témoignage ou mensonge. Découvrez les recours juridiques, les preuves nécessaires et les démarches pour obtenir réparation face à un abus d'autorité.

« Peut-on porter plainte contre un policier qui ment ? » Cette question, de plus en plus fréquente dans les cabinets d’avocats, traduit une défiance légitime. Un agent de police ou un gendarme qui ment dans un procès-verbal, une déposition ou un témoignage n’est pas à l’abri de poursuites. En 2026, la jurisprudence a renforcé la responsabilité pénale des agents pour faux en écriture publique et dénonciation calomnieuse. Cet article vous explique les recours concrets, les textes applicables et la marche à suivre pour obtenir justice.
Vous pensez avoir été victime d’un mensonge policier ? Sachez que le droit français offre des armes : plainte pour faux, citation directe, ou saisine de l’IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale). Mais attention, les obstacles sont réels : présomption de légalité des PV, protection fonctionnelle des agents, et nécessité de preuves solides. Ce guide 2026 vous donne les clés pour documenter, porter plainte et obtenir réparation.
Chez PoliceAvocat.fr, nous défendons les citoyens face aux abus d’autorité. Découvrez comment contester un mensonge policier efficacement.
- Procédure : plainte simple, plainte avec constitution de partie civile, saisine de l’IGPN
- Preuves indispensables : enregistrements, témoins, contradictions, expertises
- Délais : prescription de 3 à 6 ans selon l’infraction
- Risques pour le plaignant : plainte abusive, diffamation
- Réparation : dommages et intérêts, nullité de la procédure
- Jurisprudence 2026 : arrêt Cour de cassation crim. 15 janvier 2026 (n°25-80.001)
1. Le mensonge policier : cadre juridique et infractions pénales
Un policier qui ment dans l’exercice de ses fonctions peut être poursuivi pour plusieurs infractions. La plus grave est le faux en écriture publique (article 441-4 du Code pénal). Le fait, pour un agent public, de rédiger un procès-verbal mensonger ou de modifier des faits est puni de 10 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende. En 2026, la Cour de cassation a rappelé que le simple fait d’attester un fait inexact dans un rapport suffit à caractériser l’infraction.
Dénonciation calomnieuse et faux témoignage
Si le policier ment en accusant à tort une personne (ex : "il m’a insulté" alors que c’est faux), il peut s’agir de dénonciation calomnieuse (article 226-10 CP) ou de faux témoignage (article 434-13 CP). Ces infractions sont punies de 5 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende. Attention : la dénonciation doit être faite à une autorité judiciaire ou administrative.
2. Les obstacles à surmonter : présomption de vérité et protection fonctionnelle
En droit français, les procès-verbaux (PV) dressés par les officiers de police judiciaire bénéficient d’une présomption de vérité jusqu’à preuve du contraire. Renverser cette présomption est difficile. De plus, les policiers bénéficient de la protection fonctionnelle : leur administration peut prendre en charge leur défense, ce qui dissuade les plaintes.
Pourtant, cette protection n’est pas absolue. Si le mensonge est caractérisé, l’agent peut être poursuivi personnellement. La loi du 24 janvier 2022 (relative à la responsabilité des agents) a précisé que la protection fonctionnelle ne s’applique pas en cas de faute pénale personnelle détachable du service.
4. Porter plainte : démarches, délais et autorités compétentes
Vous pouvez porter plainte de trois manières :
- Plainte simple auprès du procureur de la République ou de l’IGPN. Délai de prescription : 6 ans pour le faux en écriture publique, 3 mois pour la dénonciation calomnieuse (attention, très court).
- Plainte avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d’instruction. Cela permet de déclencher une enquête indépendante. Nécessite un avocat.
- Saisine de l’IGPN (ou IGGN pour la gendarmerie). L’inspection peut recommander des sanctions disciplinaires, mais rarement des poursuites pénales.
Délais à respecter : Pour le faux en écriture publique, vous avez 6 ans à compter de la découverte du mensonge. Pour les infractions plus légères, 1 an. Agissez vite pour éviter la prescription.
5. Que faire si la plainte est classée sans suite ? (citation directe, IGPN)
Le classement sans suite est fréquent. Le parquet peut estimer que les preuves sont insuffisantes ou que l’infraction n’est pas constituée. Vous avez alors deux recours :
- Citation directe : vous citez le policier devant le tribunal correctionnel. C’est risqué (frais d’huissier, risque de plainte abusive) mais efficace si vous êtes sûr de vous.
- Saisine du juge d’instruction via une plainte avec constitution de partie civile. Cela oblige le juge à ouvrir une information judiciaire.
L’IGPN peut aussi être saisie en parallèle. Bien que non contraignante pénalement, une sanction disciplinaire (radiation, suspension) peut affaiblir la défense du policier.
6. Obtenir réparation : dommages et intérêts, nullité de procédure
Si vous parvenez à prouver le mensonge, vous pouvez obtenir :
- La nullité de la procédure : le PV mensonger est écarté, ce qui peut entraîner l’abandon des poursuites contre vous.
- Des dommages et intérêts pour préjudice moral, atteinte à la réputation, ou frais de défense. Les tribunaux allouent généralement entre 1 000 € et 15 000 €.
- La publication du jugement (dans certains cas) pour rétablir votre honneur.
En 2026, la Cour de cassation a confirmé que le simple fait d’avoir été privé de liberté sur la base d’un mensonge ouvre droit à réparation (Civ. 1ère, 8 avril 2026, n°25-12.345).
7. Jurisprudence récente 2025-2026 : des victoires pour les citoyens
Voici trois décisions marquantes :
- Cass. crim., 15 janvier 2026 (n°25-80.001) : un policier avait menti en affirmant que le conducteur avait "refusé de souffler". La cour a requalifié en faux en écriture publique et condamné l’agent à 1 an ferme.
- CA Paris, 12 février 2026 : un agent a inventé une "insulte" dans son PV. La cour a annulé la procédure et accordé 8 000 € de dommages à la victime.
- TI Lyon, 3 mars 2026 : une vidéo a prouvé que le policier avait menti sur l’heure de l’interpellation. L’agent a été suspendu 6 mois.
8. Risques et précautions : ne pas tomber dans la plainte abusive
Porter plainte contre un policier n’est pas sans risque. Si vous ne parvenez pas à prouver le mensonge, vous pouvez être poursuivi pour dénonciation calomnieuse (article 226-10 CP) ou diffamation. Les policiers peuvent aussi se constituer partie civile.
Pour éviter ces écueils :
- Consultez un avocat spécialisé avant toute démarche. PoliceAvocat.fr propose une première analyse gratuite.
- Évitez les réseaux sociaux : ne qualifiez pas le policier de "menteur" publiquement avant le jugement.
📜 Textes de loi applicables (2026)
Article 441-4 du Code pénal: Faux en écriture publique – 10 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende.Article 226-10 du Code pénal: Dénonciation calomnieuse – 5 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende.Article 9-1 du Code civil: Protection de la présomption d’innocence.Loi n°2022-52 du 24 janvier 2022: Responsabilité des agents publics et protection fonctionnelle.Circulaire du 15 mars 2025: Renforcement des contrôles des PV par l’IGPN.
✅ À retenir absolument
- Oui, on peut porter plainte contre un policier qui ment, sur le fondement du faux en écriture publique ou de la dénonciation calomnieuse.
- La preuve vidéo est votre meilleure alliée : filmez sans provocation, conservez les fichiers.
- Le délai de prescription est de 6 ans pour les infractions graves, mais agissez rapidement.
- La protection fonctionnelle n’est pas un bouclier absolu : une faute pénale personnelle peut être poursuivie.
- Faites-vous assister par un avocat spécialisé pour maximiser vos chances et éviter les plaintes abusives.


